Carmelo Zagari


Carmelo Zagari, artiste français, est né en 1957 à Firminy, dans la Loire.
Il vit et travaille à Sussargues dans l’Hérault et enseigne à l’école des Beaux-Arts de Montpellier.
Fils et petit-fils de mineur, il a une devise : « N’oublie jamais d’où tu viens ».
L’œuvre d’art a aussi cette mission de mémoire, l’exemple de ses créations de la Chapelle des Mineurs en témoigne.
Sa peinture figurative n’est pas didactique.
Il explique : « Je fais de la figure, mais j’ai profondément le sentiment d’être quelqu’un de très conceptuel. Dites-moi un seul artiste qui ne soit pas narratif ? Dans mon travail, il y a un effet de matière, de peau, de charge émotive, de picturalité, mais il doit y avoir du sens. Faire de la figure pour la figure, non ! Je suis dans la question de la fragilité humaine et, dans ce rapport obsessionnel au monde, on peut donner une autre image de celui-ci. »

Chapelle des Mineurs - FAYMOREAU (Vendée) Atelier VITRAIL FRANCE au Mans - 1999 - 2001

La chapelle des Mineurs est, comme son nom l’indique, située dans un centre minier de Vendée.
Elle a été construite en 1876 par la propriétaire de la mine, fervente catholique, qui s’inquiétait de ce que les mineurs n’allaient plus à l’église du village, celle-ci étant trop éloignée du centre minier.
Les dix-neuf fenêtres avaient toujours été clôturées par du verre blanc. Dans un contexte de valorisation de son patrimoine et de son histoire, la commune, désormais propriétaire de la chapelle, décide d’avoir recours à la commande publique pour la création de dix-neuf vitraux, reprenant la thématique de la mine et rappelant la vocation spirituelle du lieu.
L’œuvre de Carmelo Zagari va s’imposer d’évidence sur ces critères.
Pour la chapelle des Mineurs, l’artiste va diviser la narration en trois parties : la partie haute est consacrée à la vie céleste, le centre à la vie terrestre, et la partie basse évoque la vie souterraine, sous-entendant l’enfer du travail du mineur, mais également l’enfer biblique. L’artiste a « codé »les références religieuses pour sa peinture du monde de la mine et du monde social.
« Quand on rentre dans la nef, on est dans un parcours initiatique, car j’ai pensé le programme comme un ensemble dans lequel les baies se répondent les unes aux autres. Lorsque le prêtre célèbre la messe, il voit deux choses, la baie Vanité, et la baie Piéta qui raconte la mort d’un mineur entouré de ses camarades. Ces deux thèmes rejoignent la question de l’Être, dans sa vie et surtout dans sa mort. »