Carole Benzaken
Née à Grenoble en 1964, cette artiste française vit et travaille entre Paris et Los Angeles.
Sa peinture, qui puise son inspiration dans le quotidien, est fortement influencée par l’image : photos personnelles ou de magazines, cinéma, films, images télévisées, etc...
Elle en utilise les techniques, - zooms, avances, retours, fondus, incrustations -, et sa peinture est un jeu de lumières et de saturation des couleurs, une articulation de frottis et d’aplats.
Le monde végétal, et notamment la tulipe aux innombrables couleurs, est un thème récurrent dans sa peinture.
Église Saint-Sulpice - VARENNES-JARCY (Essonne) Ateliers DUCHEMIN à Paris - 2000 - 2002
Cette église date du XIIIe siècle.En 1723, l’abbesse de l’abbaye de Jarcy, située à côté du village, décide d’offrir trois de ses vitraux du XIIIe, représentant l’Arbre de Jessé et des saints, à l’église. Mais, suite à des intempéries, ceux-ci devront être déposés au XIXe pour être depuis conservés au musée de Cluny.
En 1990 l’édifice faisant partie d’un projet de restauration, une association de sauvegarde de l’église et les élus locaux souhaitent commander de nouveaux vitraux et sollicitent le service des Monuments Historiques pour lancer une procédure de commande publique.
Afin de respecter l’histoire de l’église et d’en rappeler ses vitraux anciens, la thématique de l’Arbre de Jessé est donnée aux artistes concourant pour les dix baies.
Carole Benzaken remportera le concours avec un regard totalement nouveau sur l’iconographie traditionnelle de l’Arbre de Jessé, arbre de la généalogie du Christ.
L’arbre des prophètes et des rois devient un tulipier dont les branches se poursuivent de fenêtre en fenêtre selon une progression symbolique dans la gamme des couleurs et un savant découpage de plans végétaux. La fleur de la tulipe, sectionnée, suggère un calice ouvert et rempli, la longue tige verticale segmentée est l’axe qui progresse, irrégulièrement mais irréversiblement, vers le haut.
Chaque baie, originale par ses formes et ses couleurs, - en triptyque dans le chœur -, constitue avec les autres un tout homogène.
Le maillage des plombs est réduit à l’extrême et les barlotières sont ordonnées de façon à conférer une sorte de rythme à tout l’ensemble, ensemble porteur d’une radieuse harmonie.
Ce magnifique travail de composition, réalisé avec Gilles Rousvoal par l’atelier Duchemin, apporte à cette église du XIIIe, une atmosphère de joie empreinte de sérénité.












