Christophe Cuzin

Christophe Cuzin, peintre français, est né en 1956 en Isère.
Il vit et travaille à Paris.
Il enseigne à l’université d’Amiens et à l’école des Beaux-Arts de Caen.
Il a participé à de nombreuses expositions, notamment depuis 1980.
Par son œuvre, il investit l’espace, en fait le support visuel. La peinture peut être appliquée à même les murs, ou bien sur des supports construits qui renforcent et transforment l’architecture. Il conçoit des « dispositifs picturaux » qui révèlent les particularités de l’espace donné, diffusent la lumière et la couleur.
La commande publique le retient pour l’église Saint-Martin de Lognes, pour laquelle il réalisera non seulement ses premiers vitraux, mais aussi un ensemble de mobilier liturgique.

Église Saint-Martin - LOGNES (Seine-et-Marne) Ateliers DUCHEMIN à Paris - 1999

Construite entre 1898 et 1903, l’église de Lognes est de style néo-roman. Elle fait partie de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. « L’église de Lognes est là, dans son village, et ses paroissiens dans leur humilité. Il me faut travailler avec discrétion, entendre et voir l’indicible pour essayer de le traduire. Ce qui accompagne ma pratique est un désir de silence, de calme, d’élévation. C’est ce pari de quiétude et de méditation que je veux prendre pour l’église de Lognes ».
Par des aplats polychromes sur les murs, il transforme une architecture intérieure à laquelle les vitraux vont répondre.
En conservant l’aspect monolithique des verrières et en utilisant les éléments métalliques comme éléments picturaux, son approche du vitrail est très innovante.
Pour que le verre prenne une texture quasi cristalline, il sera brisé sur toute sa surface, collé entre deux autres verres de support.
L’artiste propose une interprétation symbolique du rôle du vitrail : « Au levant, le Nouveau Testament est représenté dans le premier vitrail par douze éléments qui découpent la lumière, ce sont douze carrés se détachant de l’obscurité dans la lumière, et qui évoquent les douze Apôtres. Le deuxième vitrail porte quatre éléments, et ce sont les quatre Évangélistes. Au couchant c’est l’Ancien Testament avec les douze fils de Jacob, puis les quatre fleuves de l’Eden. Mais aussi, les mois et les saisons évoquent le rapport de l’Homme au temps et à la lumière. »( 1)
Les oculi, tels des yeux, comportent des cercles qui, selon qu’il sont ou non coupés, évoquent l’endroit où commence la vie chrétienne (oculus bleu de la chapelle baptismale) ou le partage (oculus rouge pour le partage du manteau de Saint-Martin à qui est dédiée l’église) ou encore des figures de parenthèses. « Dans le chœur, les deux vitraux latéraux ont une barre médiane interrompue au centre, l’une verticale, l’autre horizontale… ces deux médianes forment progressivement la croix occupant le vitrail central. »( 1)
L’œuvre de Christophe Cuzin donne à ce lieu de culte un nouvel éclat, un nouvel élan.

(1) Citations de Christophe Cuzin