Gérard Lardeur


Gérard Lardeur, artiste français, est né en 1921, à Paris.
Fils du maître verrier Raphaël Lardeur, il fait des études à l’école des Arts Décoratifs et à l’école des Beaux-Arts de Paris, puis s’intéresse à la sculpture.
Devenu sculpteur, il réalisera cependant un nombre considérable de vitraux, en France et en Europe. La sculpture sera présente dans ses vitraux par l’introduction de volumes et de structures en métal dans la fenêtre.
De 1970 à 1980, beaucoup d’œuvres créées pour l’architecture ont pour élément privilégié le cercle. En plan, en volume, en portion, le cercle se prolonge en cylindre plein, creux, etc…
« Mon œuvre abstraite est très marquée par le cercle. Je veux dire par cercle, deux demi- cercles assemblés imageant la division de l’homme, de chacun de nous, en deux parties, l’une intellectuelle, l’autre matérielle. L’esprit et le corps séparés par une ligne, un espace, que j’appelle conscience, dont l’action, mêlée à l’esprit doit être le moteur de chacun de nous pour devenir un dieu comme le définissaient les Grecs. »
Gérard Lardeur est décédé en 2002, mais on retrouve ses œuvres dans plus de 70 églises, cathédrales, monuments historiques. Il a enrichi notre patrimoine national et il reste indissociable de la cathédrale de Douai, de l’église Saint-Thomas de Strasbourg, de Saint-Yves à Rennes, etc… et maintenant de Matha en Poitou-Charentes.

Église Saint-Hérie - MATHA (Charente-maritime) Atelier Gerd FANSLAU à Chartres - 2000 - 2002

L’église Saint-Barthélémy de Saint-Hérie a été bâtie sous Charlemagne. Sa majestueuse façade et sa nef sont romanes. Le chœur a été reconstruit au XVe siècle et comporte des ouvertures plus importantes.
Après quarante ans de restauration, les travaux se sont achevés en 2001, par la pose des vitraux de Gérard Lardeur.
Ce lieu de culte séculaire s’est empreint, avec la dernière œuvre vitrail de l’artiste, d’une sensibilité représentative du nouveau millénaire.
« Je fais ce que je fais, mais je le fais dans un lieu. Les deux doivent s’associer, chacun étant lui-même ou plutôt, chacun, du lieu ou de moi, doit donner à l’autre la dignité qui lui revient pour être libre. J’apporte à ce lieu son présent, un certain avenir ou une autre vision de son avenir. Il m’apporte le poids de son passé dans lequel je ne suis rien. J’entends par lieu, l’édifice, ce qu’il représente, et l’endroit où il est ».
Ses vitraux qui incluent des éléments métalliques, jouent avec les réseaux de plombs, créant parfois des reliefs qui entrent dans la composition.
À Matha, seuls les vitraux de la nef sont en partie colorés : bleu au nord, jaune orangé au sud. Les reflets de ces verrières se projettent sur de petites sculptures installées sur les rebords des fenêtres. La Vierge, reprise d’un vitrail ancien, est le seul personnage présent. L’ensemble est non-figuratif, excepté le vitrail central dont le voile, dans un mouvement d’élévation, attire le visiteur. « Tout va vers le vitrail du fond qui évoquera la Résurrection et donnera un sens à l’ensemble ». Les vitraux se voient d’une façon dynamique lorsqu’on marche le long de la nef, des ténèbres vers la lumière. Cette lumière dont il dira : « c’est en travaillant la lumière que l’on touche au sacré ».