Kim En Joong


Kim En Joong, peintre français, est né en 1940, à Booyo, en Corée du Sud.
En 1960, il se convertit au catholicisme, s’installe en France et est ordonné prêtre, dominicain, en 1974.
Il vit et travaille entre Paris et Vence, exposant dans le monde entier.
« À la jonction de plusieurs civilisations, de mondes opposés qu’il a appris à connaître, à apprivoiser (…), l’œuvre de Kim En Joong est imprégnée d’une croyance forte et
généreuse». (1)
Résolument abstraite, voire lyrique, son oeuvre utilise le « langage de la couleur ».
« Les envolées lyriques de cette peinture donnent des sonorités nouvelles aux formes et aux couleurs, mais également à l’image d’un au-delà qui conduit inévitablement à la contemplation ». (1)
Le père Kim En Joong a réalisé de nombreux vitraux, notamment pour la cathédrale d’Évry, la chapelle des dominicaines de Dax.
 
Pour l’église de Ganagobie, il réalise huit vitraux.
 

Église Notre-Dame, prieuré de GANAGOBIE (Alpes-de-Haute-Provence) Ateliers LOIRE à Lèves - 2004-2005 - Projet en cours

Le monastère bénédictin de Ganagobie est bâti sur un plateau de pins qui domine la Durance.
L’église, édifiée au Xe siècle est dédiée à Notre-Dame.
En 939, l’abbaye devient une dépendance de Cluny et connaîtra aux XIIe et XIIIe siècles, prospérité et rayonnement.
À la Révolution, elle est vendue comme bien national. Le chœur, le transept et la partie orientale du monastère seront démolis.
En 1891, le comte Malijay, propriétaire, cède l’abbaye aux Bénédictins de Sainte-Madeleine de Marseille, qui commencent à restaurer le cloître et le réfectoire.
En 1901, les Bénédictins de Sainte-Madeleine sont expulsés en Italie.
En 1922, le monastère sera repris par les Bénédictins d’Hautecombe. Ils poursuivent les travaux de restauration et le font classer Monument Historique.
Entièrement gérée et financée par la communauté religieuse, la création de huit vitraux pour l’église est confiée au Père Kim En Joong.
Son œuvre est un hommage aux sept dons du Saint-Esprit, elle évoque l’Ancienne et la Nouvelle Alliance.
À l’est, au soleil levant, derrière l’autel, le vitrail est vert, écho au Paradis, à la Création, mais aussi à la chute de l’Homme. À l’ouest, les tons chauds sont un hommage à la Vierge qui donne la Vie. Les lignes des compositions sont des réminiscences de l’écriture calligraphique. Le geste pictural transmet une impression de force et d’élévation.
L’église de Ganagobie retrouvera ses vitraux en 2005, et les moines, aidés de la perception de l’abstraction du Père Kim En Joong, le chemin de la méditation.

(1) Jean-Louis Prat, directeur de la Fondation Maeght