Les couleurs existent par la lumière


Par sa capacité à absorber ou à réfracter les rayons lumineux, la matière nous enchante d’une gamme de couleurs de plus en plus subtile.
Les maîtres verriers du Moyen Âge ont su admirablement jouer avec la lumière, la couleur à travers un matériau : le verre.

Les progrès de la connaissance et les avancées technologiques du XXe siècle ont permis à l’art du verre d’atteindre un niveau de création éblouissant.
Cet art s’est enrichi de nouvelles techniques et permet aux plus grands artistes de s’exprimer.
De nouveaux matériaux font apparaître des lumières insoupçonnées : les Maîtres Verriers sont devenus des Passeurs de Lumière.

Science et Art

Il est remarquable de constater que la démarche artistique emprunte des chemins parallèles à ceux de la recherche scientifique.
La musique contemporaine a introduit la dissonance dans ses harmoniques, les rimes ont disparu de l’art poétique, le cubisme a ôté ses repères à la peinture, fantastique intuition créatrice parallèle à l’avancée de la pensée scientifique.
La science a remis en question, dérangé les visions établies du monde, progressé en imaginant l’inimaginable. « La science cherche le mouvement perpétuel, elle l’a trouvé, c’est elle-même » écrit Paul Valéry.
Cette déstabilisation est l’apanage de notre époque, dans tous les domaines.
Mais cette remise en question signifie recherche, dynamique, découverte.
   

Les astrophysiciens et l'art du verre

Michel Cassé et Hubert Reeves, deux astrophysiciens parmi les plus importants, entretiennent des liens étroits avec l’expression artistique.
Leur pensée, leurs fabuleuses découvertes, leur éblouissement devant la contemplation de l’univers, se partagent grâce à l’expression artistique.

Le vitrail, une matière céleste

Le verre est fait de la silice expulsée par les étoiles, le plomb a été forgé dans les creusets stellaires.
Le verre, le plomb et la lumière forment une alchimie venue du ciel.
Les bâtisseurs de cathédrales se servaient des vitraux pour expliquer les théories du ciel.
Aujourd’hui, ce sont les astrophysiciens, qui comprennent si bien le langage de la lumière, qui mettent à jour ces théories de l’univers, par l’intermédiaire du vitrail.

Verre = Ciel ; trente-six vitraux interprètent les nouvelles théories de l’univers

Inspirés des connaissances de Michel Cassé, en collaboration avec Hubert Reeves, mis en forme artistique par Laurence Treizenem, artiste peintre, trente-six vitraux réalisés par les maîtres-verriers du Centre international du Vitrail vont expliquer au public les nouvelles connaissances de l’univers.

Ces trente-six vitraux seront répartis par thèmes :
> la lumière
> les particules
> les étoiles
> l’univers
   

Les artistes contemporains passeurs de lumière

La lumière précieuse : Urmo Raus
L’or et l’ambre, matériaux rares, travaillent avec la lumière de façon particulière et ont des reflets inconnus et précieux.
Les vitraux réalisés par Urmo Raus, artiste estonien, montrent l’importance de l’ombre de la lumière visible : à la lumière du jour, l’or ressemble à de l’encre de Chine, à la lumière des lustres, les vitraux paraissent dorés, l’or resplendit lorsque la lumière extérieure baisse.
Apportée tous les jours par la mer sur les rivages de la Baltique à un rythme régulier, l’ambre jaune a été pendant des millénaires une sorte de clepsydre naturelle indiquant le passage du temps.
Dans le monastère de Sainte-Brigitte entièrement moderne, érigé sur l’ancien couvent médiéval, le chapelet de perles d’ambre qui sera placé sur la fenêtre devant l’autel de la chapelle évoquera la généalogie de la lumière à travers la matière visible.
 
L’hyper lumière : Jean-Philippe Poirée-Ville
La notion d’hyper lumière, qui utilise des technologies récentes, établit un lien nouveau entre la lumière et l’apesanteur. La projection du film en 3 D, « l’ÉCUME DU CIEL », de J. P. Poirée-Ville, rend sensible cette nouvelle notion.

La lumière invisible : Gilles Rousvoal
Filmés nuit et jour, par une caméra sensible aux infrarouges, les vitraux de la cathédrale de Chartres révèlent ce que l’œil humain seul ne peut pas voir. Les images seront diffusées en continu au Centre international du Vitrail.
Une conception et une réalisation de Gilles Rousvoal.

La lumière divine : Karl-Martin Hartmann
Dans la lumière, au sens de la citation, « Je suis la lumière du monde… », tout comme dans ses propriétés physiques et matérielles, réside l’unité de pôles complémentaires, reliant, par une abstraction magistrale, le monde religieux avec le monde profane, la spiritualité ancienne avec les découvertes scientifiques récentes. K.-M. Hartmann conçoit ses vitraux comme une description du monde et de l’univers familier, tirant son inspiration par le regard sur le cosmos tel que le révèle la physique nucléaire et l’astrophysique. L’approche principale des symétries, des ruptures et leurs décalages formels, s’insère directement dans le processus de création, nouvelle écriture d’une genèse contemporaine.

" Les Passeurs de lumière", une exposition qui,
dans l’émerveillement des dernières connaissances,
projette le visiteur vers l’invisible et l’infini.