Thierry Boissel
Thierry Boissel, artiste français, est né en 1962 à Saint-Valéry-en-Caux, en Seine-Maritime.
Il vit et travaille à Munich où il enseigne à l’académie des Beaux-Arts.
Plasticien de formation, il s’intéresse à la création d’objets, la sculpture, la peinture et rapidement au vitrail. Dans son atelier bavarois, il crée objets et parois de verre qu’il intègre à l’architecture.
« Le but est de réaliser une œuvre qui ne découvre son sens que dans le lieu pour lequel elle a été conçue. Cela implique une réaction aux proportions, aux lumières, aux occupations, aux symboles et aux circulations du lieu, et demande du temps, non pas sur le papier mais dans l’esprit : il faut que toutes les pièces du puzzle soient assemblées mentalement pour que je puisse espérer trouver une idée ou un concept ».
Un concours le sélectionne pour la création de deux portes et de huit vitraux pour l’église Saint-Jean-Baptiste de Jena, en Allemagne.
Église Saint-Jean-Baptiste - JENA (Allemagne) Atelier BAYERISCHE HOFGLASMALEREI à Munich - 2003
Jena est une ville située sur les bords de la rivière Saale en Allemagne et qui a longtemps été un haut lieu de l’industrie du verre.Bâtie au Xe siècle, l’église a été agrandie au XIXe siècle.
L’artiste opte pour des vitraux sans réseaux de plombs, mais avec les barlotières qu’il fait entrer dans ses compositions. Des motifs abstraits sont incrustés dans le verre et rappellent le caractère « sacré » du bâtiment (Saint-Esprit, eau du baptême, etc...). La structure des verres rappelle les prismes et autres verres optiques fabriqués par les industries locales, et rythme la lumière. La lumière vibre à travers les compositions et fait dialoguer surface vitrée et parements de pierre.
La perception de l’œuvre de l’extérieur de l’édifice est, pour lui, aussi importante que pour celle de l’intérieur. « Le vitrail vu de l’intérieur agit comme un filtre avec la lumière qui le traverse. La vision extérieure, elle, est une réflexion de la lumière. Par les rythmes donnés à la surface du verre, les graphismes de la matière entrent en symbiose avec la matérialité des murs et de la pierre » écrit-il.
Pour le porche, également en verre, est matérialisée l’idée de séparation entre le monde extérieur et le monde intérieur. L’ouverture est physiquement fermée par ses compositions, mais le verre laisse traverser librement la lumière.











