Claude Rutault


Claude Rutault, artiste français, est né en 1941 à Trois-Moutiers, dans la Vienne.
Il vit et travaille à Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine.
Après des études de sciences politiques et de droit, il se tourne vers l’art.
C’est au cours d’un événement banal de la vie quotidienne qu’il va élaborer, en 1973, son concept de « définition/méthode » qui présidera à son œuvre. Repeignant sa cuisine, il s’aperçoit que le tableau qui était là, ne s’accorde plus à la nouvelle couleur du mur. Il réalise alors que la peinture, sous sa forme habituelle, a beaucoup de mal à s’intégrer et à trouver une présence dans l’architecture moderne. Il explore les relations entre sculpture, peinture et architecture, refusant à ce que les œuvres, souvent réduites à meubler des volumes, donnent l’impression d’être superflues. Ses « définitions/méthodes » décrivent les modalités de réalisation des œuvres et de leur mise en place. Art minimal et conceptuel, sa peinture existe d’abord sous forme écrite.
Il est sélectionné en 1999 pour la création des vitraux de l’église de Saint-Prim.
À la suite de nombreux dialogues avec les commanditaires, il sera amené à en repenser tout l’ensemble : fenêtres, murs intérieurs, mobilier.

Église de SAINT-PRIM (Isère) Entreprise STORES BELZACQ à Clichy - 1999 - 2004

La première construction de l’église remonterait au Xe siècle. Le chœur et le transept sont d’époque romane, mais le bâtiment va connaître des modifications architecturales, notamment néo-gothiques au XIXe, lorsqu’une partie s’écroule.
Claude Rutault repense et recrée l’architecture intérieure de ce lieu, privilégiant l’aspect roman. Il gomme les aspects néo-gothiques, tels que les copies de chapiteaux de la nef ou les arcatures artificielles de la voûte.
Puis il entreprend de repeindre les murs intérieurs de la même couleur que la terre de Saint-Prim, et conçoit le mobilier liturgique : autel, tabernacle, sièges, ambon, croix, vases.
Les éléments existants sont réutilisés, le bénitier, le chemin de croix, mais ce dernier est repeint de la même couleur que le mur. Les sculptures saint-sulpiciennes seront drapées et installées sur un mur. Les statues de Joseph et de Marie quittent leurs piédestaux pour être posées dans une excavation, près du chœur. La statue de Saint-Prim est posée par terre, à proximité de la seule fenêtre sans store, afin d’être vue de l’extérieur.
Sur les piliers de la nef, des photographies de peintures anciennes et de sculptures conservent la mémoire des images du passé, mais par une image qui appartient au temps présent.
On est loin des bondieuseries saint-sulpiciennes, des imageries kitsch, de l’académisme dévot.
Pour Saint-Prim, pas de vitraux traditionnels en verre antique. Les fenêtres sont de simples vitres devant lesquelles ont été installés des stores en plexiglas, sérigraphiés de différentes couleurs : bleu, orange, rouge, jaune. Ils sont mobiles et télécommandables… Le prêtre peut ainsi moduler les couleurs et la luminosité, à volonté. La transparence du matériau permet de voir l’extérieur : le ciel, les arbres, etc…, qui deviennent « sujets » des verrières.
Dans le cadre de l’aménagement d’un lieu de prière et dans le respect de la liturgie, Claude Rutault suscite un certain nombre de questions, notamment celles liées au rôle de la peinture aujourd’hui.