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Michel Petit


Né en 1934 à Évreux. Peintre verrier, diplômé de l’école des Beaux-Arts de Paris en 1959 : ateliers de peinture avec Legeult et d’art monumental avec Jacques Le Chevallier. Réalise ses premières créations de vitraux en résine polyester (Saint-Germain-en-Laye, église Saint-Léger, 1961-1962), pour lesquels il dépose un brevet en 1962. Membre du Mur Vivant groupant architectes, peintres et sculpteurs entre 1965 et 1975. En 1963, ouvre son atelier à Thivars (Eure-et-Loir) qui reste son lieu de création. Restaurateur de vitraux prestigieux dont entre autres, ceux des cathédrales de Chartres, Coutances, Bourges, Tours, de l’ensemble de René Lalique à Douvres-la-Délivrande (Calvados). Membre du comité technique du Corpus Vitrearum et de l’International Council of Monuments and Sites, auteur de publications sur la conservation-restauration pour le Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques. Nommé Maître d’Art en 1996. Enseigne à l’école nationale supérieure des Arts Appliqués et Métiers d’Art jusqu’en 1999. Parmi ses distinctions : premier prix d’Attainville (1959) ; médailles d’argent et de vermeil de l’Académie européenne des Beaux-Arts (1980 et 1982) ; prix national des formateurs aux Métiers d’Art et chevalier des Arts et Lettres (1994) ; prix de la Renaissance des Arts (2006). Expose depuis 1968 en France et à l’étranger. Projets en cours de réalisation : ensemble de l’église Notre-Dame de La-Glacerie (Manche, Tourlaville) ; église de Banneville-sur-Ajon (Calvados).

Porteur d’une vision synthétique par ses réalisations, publications et son enseignement, Michel Petit a mis en valeur la nature transdisciplinaire des savoirs faire du peintre verrier. « L’œuvre architecturale » est selon lui « concert de signes ». La couleur y est facteur d’unité. Le vitrail, pour être pérenne, résulte de l’alliance de l’imagination et de la prise en compte de toutes les dimensions de son environnement, le bâti, ses fonctions, son histoire, ses lumières.
« La sensibilité dans le verre est tout à fait liée à celle d’autres matériaux qui jouent avec la lumière, notamment la sculpture. » Pratiquant plusieurs arts, Michel Petit a toujours renouvelé son mode créatif, et ceci dans la lignée de l’enseignement de Jacques Le Chevallier.
L’usage de modules pour composer une œuvre, porté à son époque par le Mur Vivant, est une commune mesure créée entre le vitrail et l’architecture, comme par exemple, dans le grand ensemble limpide de l’église Saint-Gervais de Falaise (Calvados), 1979-1997. La variation modulaire répond à celle des lumières et des différents styles architecturaux, dont les graphismes sont saisis dans la ligne vivante des plombs.
Par ailleurs, les modules créés sur le thème de Fulbert (2006) avec Claire Babet et Stéphane Petit sont aussi l’occasion « d’un travail en commun, confrontation qui est une convivialité entre nous et qui distingue bien le tempérament de chacun avec ses différences et ses compléments ».
Le verre thermoformé et peint apparaît au centre culturel de Ducey (Manche), 1998, réalisé au début des années 1990 chez Hervé Debitus à Tours. Le thème du « dialogue de la mer et du ciel » s’inscrit dans un « vitrail cinétique » (Thivars, 1986) ; il se développe dans un tout autre style à Martinvast (Manche), où les baies représentent la course du soleil entre ciel et mer, aux colorations soutenues, en accord avec l’originalité architecturale de cette église romane (1993).
Les projets de Banneville-sur-Ajon et de La-Glacerie présentent des « ensembles très transparents, où l’on voit la nature en arrière-fond » aux tons bleus, blancs et jaunes (cément, grisaille, émail bleu sur float-glass).
Le programme iconographique créé pour l’église de La-Glacerie va « montrer l’origine insoupçonnée de la manufacture de Saint-Gobain en Cotentin, là où les premières glaces ont été coulées, pour la Galerie des Glaces », en illustrant l’expansion et le déclin de la verrerie, dont l’activité a pris fin autour de 1830 ; s’y ajoute le projet d’un mur de lumière monumental évoquant l’Assomption. Cette réalisation va permettre de faire connaître l’importance de ce site de premier plan dans l’histoire de la fabrication du verre et spécifiquement des miroirs, dominée jusqu’au XVIIe siècle par les vénitiens. Colbert crée la Manufacture Royale des Glaces de Venise en 1665 (faubourg Saint-Antoine, Paris), sans réussir à obtenir les secrets des verriers de Murano qu’il y avait attirés. « Colbert s’est alors retourné vers le savoir-faire de Tourlaville », site dirigé à cette date par Richard Lucas de Nehou. « La glacerie a produit une qualité de verre très transparente. » Son neveu Louis Lucas de Nehou – futur directeur de la Manufacture de Saint-Gobain – y invente le fameux coulage du verre, vers 1688, qui permet des dimensions de miroir que le soufflage ne pouvait atteindre.
« Si je suis resté à Chartres, c’est parce qu’il y a une fascination de la cathédrale, en tant que signe. Pour moi tout est là, dans l’œuvre il n’y a pas autre chose que la puissance du signe. De toutes les cathédrales, c’est celle qui a le signe le plus puissant. La qualité de la construction, son élan incroyable… quand on la découvre en venant de Paris, c’est le plus bel aspect. Au Mont-Saint-Michel, où l’on a travaillé, il y a aussi un signe d‘une puissance exceptionnelle, il y a très peu d’édifices qui aient une force pareille. »

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