> Retour <

Gérard Hermet


Né en 1937 à Saint-Geniez-d’Olt. Diplômé de l’école nationale supérieure des Métiers d’Art en 1959. Académie Met de Penninghem. Atelier à Paris, Épinay-sous-Sénart (Essonne), puis reprise de l’atelier Lorin de Chartres avec Mireille et Jacques Juteau en 1973. Un des fondateurs du groupe Hyalos en 1977. Parallèlement à son activité de verrier, Gérard Hermet poursuit son travail de peintre. Créations d’ensembles en dalles de verre ou vitrail traditionnel, comme à l’église Notre-Dame de Douai (transept sud, 1979). Collaboration avec des artistes comme Alfred Manessier et Alirio Rodriguez. Parmi ses dernières créations d’ensembles : Limeuil (Dordogne), église Saint-Martin, 2000 ; Forges (Seine-et-Marne), église, 2000 ; Le Vaudoué (Seine-et-Marne), église, 2006.

« Notre profession est la seule où la lumière est dans la couleur. La transformation de la couleur par la lumière est très complexe ».
À la collégiale Notre-Dame de Vernon (Eure), les sujets associés aux baies, comme ceux de la Vierge, du Christ, du Rosaire et ses saints, sont traités par la fluidité des champs colorés, une large gamme de demi-teintes et de gris qui équilibrent les couleurs plus vives. Les amples mouvements des compositions respirent grâce à la précision des choix de coloration. Ce grand ensemble achevé en 1996 (18 baies, 230 m2) s’associe aux réalisations antérieures de l’atelier Bony.
« Le groupe Hyalos a rassemblé deux générations de créateurs allant vers le même but qui était de défendre l’aspect créateur du peintre verrier. Or cette réalité reste encore à reconnaître aujourd’hui. Mon critère, est de réaliser des choses qui nous plaisent ».
Gérard Hermet rencontre Alfred Manessier (1911-1993) à l’occasion du projet de vitraux de l’église Sainte-Bénigne de Pontarlier (Doubs), débuté en 1973. Le peintre avait choisi l’atelier de François Lorin pour exécuter ses vitraux, dont les premiers, à l’église des Bréseux (Doubs) entre 1948 et 1950, si essentiels dans l’histoire du vitrail contemporain (premier ensemble de vitraux non-figuratifs posé dans un édifice ancien ; emploi de verres antiques non peints, absence de bordure).
Gérard Hermet dit avoir été bouleversé par sa façon de travailler. « Il m’a poussé à la recherche, à évoluer. Se donner des thèmes et travailler cette contrainte par le graphisme et la coloration. »
« Par chance, avec Manessier, nous avions le même œil ». Après les premiers chantiers où le choix des colorations s’est décidé en commun, la traduction des maquettes a été entièrement confiée à Gérard Hermet ; parmi ces ensembles : Locronan (Finistère), chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, 1985 ; cathédrale de Saint-Dié (Vosges), 1986 ; Abbeville (Somme), église du Saint-Sépulcre, 1982-1993, et aussi Brême, Berlin.
En 2000, Gérard Hermet conçoit les vitraux de l’église Saint-Martin de Limeuil (Dordogne), dont une baie en hommage à Alfred Manessier avec lequel s’était tissée une relation d’amitié et de fraternité.
Pour Gérard Hermet, couleur et idée se répondent, par exemple au sein d’une œuvre conçue dans le cadre du millénaire de la cathédrale de Chartres, où par les tons rouges, il s’agit d’« évoquer quelque chose qui se construit en montant » (glaces peintes au rouge de cuivre, cuissons aux ateliers d’Hervé Debitus, Tours, 2006).
« La cathédrale de Chartres, que l’on voit tous les jours, est tellement présente, que d’une certaine façon, elle y est et elle n’y est plus ».

Consultez cet article en :

  Hermet, Gérard